"La couleur surtout et peut-être plus encore que le dessin est une libération." Henri Matisse "The colour above all and perhaps even more than the drawing is a liberation." Henri Matisse
« La couleur surtout et peut-être plus encore que le dessin est une libération. » Henri Matisse Depuis longtemps j’avais envie de rendre hommage à Matisse, à ses bleus et oranges. A ses danseuses. À ma façon. Immense plaisir donc à emprunter son chemin, quelques heures, quelques jours.
3 vitraux 30×70 (Plomb naturel et peintures vitrail)
Il y a déjà des heures et des heures que je monte cet escalier…Je pense qu’il est sans fin.
Pour tout dire, je n’ai désormais aucune illusion : il ne s’arrêtera plus.
Où peut conduire un escalier sans fin ? Existe-t-il des lieux interminables ? Autant de questions qui me viennent car je dois me préparer à cette absence de finitude. Cependant, je suis fatigué, pratiquement épuisé. Toutes ces marches, identiques, les unes après les autres dans une régularité jamais prise en défaut. Seuls les paliers, les virages tentent en vain de briser ce rythme indéfectible.
Au début, je prêtais naturellement attention aux paysages et je ne manquais pas d’admirer, à juste titre, leurs diversités. Maintenant, je ne les vois plus. Disons qu’ils me sont devenus indifférents. Que m’importent ces décors insignifiants puisqu’ils accompagnent passivement mon périple. D’ailleurs, existent-ils encore ? Se confondent peut-être dans mon regard, brumes blanchâtres, éthérées et hallucinants vertiges. Tout mon être n’est plus qu’une douleur intense qui prend conscience de son omniprésence. L’ensemble de mes muscles est totalement tétanisé et voué définitivement à fournir cet effort démesuré.
Il y a au moins six heures, j’ai bien pensé faire demi-tour. Mais alors pourquoi aurais-je fait tout cela pour rien ? Je n’aime pas renoncer. En fait, sur le moment, j’ai été obsédé par la peur de l’inutile ; ma fierté et mon orgueil m’ont empêché de ruiner mon désir primal. Je regrette néanmoins de m’être laissé abuser par de tels sentiments ! Je n’ai plus ce choix désormais et je ne peux que me diriger vers la seule direction possible. Le haut.
Sisyphe et son rocher s’immiscent progressivement dans mon esprit de plus en plus égaré. A quels dieux ai-je donc déplu, moi qui ne croit en aucun ? O, je pourrais m’arrêter là, m’asseoir sur cette marche anonyme et attendre. Attendre quoi, qui ? Rien ni personne ne soupçonne plus une once de mon existence ainsi perchée sur un zénith inconnu. L’espoir, n’est-il pas une fuite devant un réel insatisfaisant, inacceptable ? Je ne veux pas dépendre d’augures incertains, en aucun cas. Je préfère ma dure réalité à tout mirage, fut-il culminant. Alors, je poursuis mon ascension.
Je me surprends pourtant à rêver d’un destin à la Zarathoustra, si je puis dire. Reviendrais-je parmi les hommes partager ma sagesse ? Une telle épreuve ne peut que participer d’une déconstruction de ce que je suis pour mieux donner vie un être sage. Enfin, c’est ce que je me dis dans mon quasi coma existentiel de l’instant ! Je ne suis plus qu’une pensée simplifiée, épurée se résumant à gravir ce que je ne sens plus comme un escalier mais plutôt comme un construit gigantesque résultant d’un chaos originel. Mais je dois délirer, sans doute, manquant de ce que je crois être de l’oxygène et qui n’est peut-être que de la lucidité. En raison de cette altitude insoupçonnable.
Finalement, il y a quelque chose de rassurant à ne déceler aucun horizon, paradoxalement. La vue d’un terme maintenant, me déstabiliserait et même, m’effraierait. Je marche, j’avance donc. Cette nouvelle perspective me tonifie perceptiblement et une forme de confiance revient. Je me mets à croire à une possible joie dans mon parcours. Comme une deuxième naissance. Cet escalier prend figure pour moi de la cuisse de Zeus d’où s’extrait lentement un Dionysos renaissant. Les forces ne me désertant plus, ma progression se fait plus régulière et même la douleur me parait moindre. Peut-être est-ce la mort qui me gagne ? C’est la première fois que cette idée me vient et je la laisse passer, sagement.
Je gravis maintenant sereinement mon escalier sans fin, laissant derrière chacun de mes pas une trace d’expérience. Enfin, je suppose car je ne me retourne plus. Seul me grise le nouveau pas que j’entreprends. Et curieusement, je me sens libre…
Médium de lissage, encres acryliques, peintures fluides et bois sur toile lin 3D.
60×60
Symphonie de contrastes et de dialogues énergiques entre couleurs, textures, lissage et reliefs! Tout ce monde est extrêmement bavard mais recherche la note commune. Et parfois la trouve.
L’âme du violon Encres acryliques et medium de lissage sur toile 3D 40×40
L’âme du violon
Ce sublime concerto de Bach a toujours eu le don de faire danser mes pinceaux. Alors, il y a quelques semaines, je les ai laissé faire…sur cette toile.
« Le monde est fait pour aboutir à un beau livre” disait Stéphane Mallarmé. Gourmand du monde et des beaux livres, j’en ai donc peint plusieurs.
Peindre un livre c’est aussi faire naitre du mystère, créer un désir irresistible de l’ouvrir et d’en lire les mots. C’est un acte créateur qui conduit au pays du merveilleux où la lecture commence par…la contemplation.
Encres acryliques et medium de lissage sur toile 3D 70×50