Emecka

"La couleur surtout et peut-être plus encore que le dessin est une libération." Henri Matisse "The colour above all and perhaps even more than the drawing is a liberation." Henri Matisse
  • Encres acryliques et médium de lissage sur toile 3D
    50×50

    Nature morte aux pots et autres jarres. 

    « C’est précisément dans les petites choses, où il ne songe pas à soigner sa contenance, que l’homme dévoile son caractère. » Arthur Schopenhauer 

    Que peuvent bien contenir ces jolies jarres et bouteilles oubliées…

  • « Les jours sont des fruits et notre rôle est de les manger.” Jean Giono

    Encres acryliques et médium de lissage sur toile 3D
    50×50

  • Allégorie ou hommage aux futiles beautés de ce monde.
    L’inéluctable devait m’amener un jour, à offrir mes couleurs à ces natures bien vivantes. 

  • « Dans le liquide ambré qui emplit la tasse de porcelaine ivoirine, l’initié peut goûter l’exquise réserve de Confucius, le piquant de Laotsé, et l’arôme éthéré de Cakyamouni lui-même »
    Okakura Kakuzo


    D’après un dessin original de Biziaux

    Tea Time
    Pastel tendre
    65×50
     
     
  •   “S’il y avait une seule vérité, on ne pourrait pas faire cent toiles sur le même thème.” Picasso

    La musique me comble chaque seconde ; aussi cent toiles ne suffiront pas.  Celle-ci, antépénultième, comme toutes les autres…réalisée en étroite collaboration avec mon ami Pablo, raconte sa part.  De ma passion.

    « Guitares »
    Encres acryliques et medium de lissage sur toile 3D
    50X70
     
     

     
     
  • «Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver.»

      René Char

    Acryliques et médium de lissage sur bois
    60X60
     
     
     
     
  • Volutes 127
    Encres acryliques et medium de lissage
    Sur toile 3D

    Il est de toute première urgence de se laisser aller à la rêverie, aux songes et à cette délicieuse insouciance qui nous sont indispensables pour affronter un réel parfois difficile.

     
  • “Plus grand est l’obstacle, et plus grande est la gloire de le surmonter.”    Molière.

    Noirmoutier
     
     
     
  • Toile de Michel Gaborit
    Mon ami.

    Il y a bien longtemps qu’il ne peignait plus. Il jubilait sur toile. De peintre il était devenu “imaginateur” en quelque sorte.

    Une connexion étrange s’était installée entre ses différentes formes de pensée et ses doigts. L’outil n’était plus mû grâce aux commandes cognitives habituelles mais par des praxies nouvelles allant bien au-delà des notions de “conscient et de volontaire”. 

      Il aurait été bien entendu, un objet d’étude fort intéressant pour des chercheurs en neurosciences. D’autant, qu’une autre connexion s’était invitée à ce processus déjà complexe. En effet, son système de perception auditive s’était anormalement développée et tel un concept darwinien, s’était adaptée à l’environnement synaptique déjà fort singulier. En d’autres termes, les fréquences musicales étaient “captées” à une vitesse fulgurante et entraient dans son protocole praxique. Ses pensées profondes sublimées et potentialisées par la musique généraient des effets graphiques extra-ordinaires et “supérieurs”, pourrait-on dire!

    Dès qu’il s’installait face à son support, quel qu’il soit, les couleurs, les formes et les traits jaillissaient comme autant d’irruptions oniriques. La tectonique de ses pensées  excitées par l’intrusion des signaux musicaux produisait tant de remaniements et de bouleversements intellectuels que ses bras semblaient diriger une étourdissante symphonie. Tout, cependant, obéissait à une cohérence cinétique sans qu’aucun geste parasite ne vienne perturber ce bel ensemble. 

    Et l’oeuvre naissait, les volutes irisées poignaient, les rivières de jus carminés sourdaient, les matières quasi sculptées s’ébauchaient et les pépites de teintes fusionnées perlaient comme des gouttes d’humeurs. Et que dire du concert de bruissements des pinceaux sur la toile, des spatules étalants pâtes et médiums, des mains nues glissant sur les reliefs ainsi formés et enfin, des flonflons des chiffons venant ça et là corriger, nuancer, atténuer.

    Il ne peignait pas, il composait. Tel un perfectionniste Ravel usant “des jeux les plus subtils de l’intelligence” et exprimant les “épanchements les plus secrets du cœur” il écrivait sur sa toile la partition merveilleuse de ses amours profondes, secrètes et la transcription fulminante de ses émotions synchroniques. 

    Il ne peignait plus, il disait. Que nos mots semblaient vides, nos langues mortes et nos académies insuffisantes face ses dires picturaux. Ô bien sûr, l’écoute de ses toiles, la lecture de ses arabesques et la contemplation de ses fulgurances réclamaient à la fois patience, temps et concentration. Un intime regard posé et déjà, il nous obligeait à l’introspection aux limites de la douleur et aux frontières de la folie.  Nul ne pouvait se targuer d’indifférence à moins d’invoquer tout ce qui pouvait s’apparenter à de la fuite ou à une panique intérieure comme celle ressentie devant l’attraction irrémédiable de l’abîme.   Pour qui n’avait jamais ressenti ces interactions entre stimuli confinant à une sorte d’orgasme intellectuel il était bien difficile de comprendre la transe de cet homme. Ma curiosité et mon désir incommensurable de pénétrer la genèse de l’oeuvre m’avaient naturellement amené à interroger l’attitude philosophique et intuitive de cet artiste cherchant l’intime entre la pensée et l’acte. L’ensemble de mon potentiel énergétique se mobilisait éperdument, au-delà du raisonnable, dans un processus empathique à l’égard de ce créateur. 

    Pendant cette observation quasi mystique, je pensais cependant à Paul Ricoeur affirmant que “Loin d’épuiser le problème de la connaissance sensible, une exploration des modalités actives et passives de la perception ne permet même pas de le poser correctement”. A l’évidence, je me satisfaisais du peu que l’objet de ma passion me livrait  insidieusement et de l’amitié qu’il m’accordait. Je découvrais là, sans nul doute, les ressorts de ma propre créativité. 

    Il y bien longtemps qu’il ne peignait plus. Qu’il ne peint plus… Hélas.

        Emecka-2016    

     
     
     
     



  • « Car, en vérité, l’art y est, dans la nature, et celui qui d’un trait peut l’en faire sortir, il le tient. »  Albrecht Dürer

    « Melencolia 500 »
    Acrylique sur toile
    (100 X 100)

     Est-ce le temps qui passe trop vite? Est-ce cette montagne d’interrogations sur l’avenir du monde qui me semble infranchissable? Est-ce un intense besoin de méditation qui se fait sentir à l’automne de ma vie? Je ne sais, en vérité.

    Cependant, revisiter la gravure de Dürer, 500 ans après, m’est apparu comme une évidence. Avec la subtile impression que se posent les même thèmes, sujets de mélancolie mais aussi d’espoir.

    Je ne sors pas indemne de cette grande toile (100×100) tant par l’énergie investie que par les bouleversements intérieurs qu’elle a suscitée. Ce fut un merveilleux voyage au coeur de la Renaissance, peut être aussi de la mienne.  

    « Ce qu’est la beauté, je l’ignore » disait Albrecht Dürer. Puisse cette allégorie de la mélancolie, de l’éphémère m’ aider à trouver celle des Hommes, oserais-je ajouter.  

     

     

     
     

     

     
     
     
  • Idée folle
    Acrylique 80×80

    Prendre ce baiser volant perdu dans des airs de folie

    Et le poser là, sur cette branche incandescente ;

    Lamper cette poire d’élixir violine

    Que tu me tends.

    Non, c’est une idée folle.

    Briser sans repentir les chaines de ma raison captive

    Dans un fracas de strass sensuellement chamarrés

    Et hurler enfin à vides poumons

    Qui me brûlent.

    Non, c’est une idée folle

    Courir nu sur des sables liquides en opalescence critique,

    Fondre ainsi dans un jaune magma conceptuel ;

    Et toujours chanter en abysses majeures

    Pour renaître. Non, c’est une idée folle.

    Germer à la vitesse des éclairs d’une neuronale tourmente

    Quand mes émotions réflexives croisent ce désir blanc

    Que tu révèles subrepticement

    Sur mes doigts.

    Oui ! Oui, c’est une idée folle.  

    Emecka 2014 ©

     
     
     
     
     
  • Yeux
    Pastel tendre
    65X65

    Blanche ! Elle est tellement blanche…

    Assis devant elle, je la regarde, que dis-je, je la contemple ! Mon regard la pénètre comme un scalpel jusqu’à deviner son intérieur, sa majuscule intimité. Mes yeux, oui, mes yeux vont de droite à gauche, de haut en bas, cherchent, trouvent, cherchent à nouveau…Ce long examen de son corps, de sa surface de peau est une caresse préliminaire, un prélude à l’extase, un avant gout du plaisir final.

    Je me demande souvent si cette attente ne lui est pas douloureuse, un peu pénible! Chacune de ses fibres semble m’inviter à plus d’initiative. Elle est apprêtée, enduite avec amour afin que chacun de mes contacts, de mes effleurements soient doux, faciles et fluides. Je sens bien qu’elle n’a pas envie qu’un de mes gestes soit contrarié par une quelconque anfractuosité ou par une excroissance rebelle. Elle est tendue à souhait, ni trop ni pas assez, comme cet arc paré pour la libération de sa force. Tendue et en même temps lascive ce qui fait de son état, à mes yeux, une provocation indicible.

    De cette intimité mutuelle nait progressivement, lentement, une merveille, un fruit spirituel, un cadeau infini : l’inspiration. Je sais maintenant comment je vais m’y prendre pour la rendre belle, pour la rendre heureuse et pour lui offrir la jouissance. J’ai compris, j’ai vu le carrefour de nos désirs respectifs. Sa peau m’a conquis.

    Dans un ultime instant d’attente devenue insupportable, je me lève, m’éloigne un peu et je me sens envahi de cette énergie étrange qui va cependant guider mes mains, mon corps dans ce doux combat amoureux.

    Je me pare à mon tour sans la quitter des yeux, je me sens au bord de la pulsion, je me retiens de me jeter sur elle sans plus de détours…

    Une forme de sagesse m’envahit cependant.

    Mes toiles blanches le savent. Elles connaissent maintenant mes rituels…Elles aiment ces préliminaires.

     


     
  • L’éclisse solaire
    Acrylique sur toile
    80X80
    (Collection personnelle)

    Un son très chaud qui vous emporte comme une voix douce, une voix humaine! Une voix qui vous susurre des mots d’amour à l’oreille. Un corps qui fusionne avec le votre et qui communique ses vibrations, les plus profondes et graves…

    Un corps qui vous épouse, totalement, définitivement!   Oui, je parle du violoncelle! Vous aviez compris, n’est-ce pas? J’avais déjà évoqué cette douce fusion!  

    Je craque sensuellement à l’écoute de l’Elégie de Gabriel Fauré, avec tous les ingrédients de la chimie du désir et les signes du coup de foudre! Qui se renouvelle à chaque écoute…  

    Je suis sûr que vous allez craquer aussi, comme moi…et que vous me direz votre émotion!  

    Pour un moment sensuel en commun…

     

     
     
     
     
     
     
     
     
     

     

  •  « La rêverie est le dimanche de la pensée. » Henri-Frédéric Amiel
    Etre à sa fenêtre et…rêver !
    Vieille expression, désuète ! Certes ! La place de la rêverie dans notre vie, quelle est-elle ? Prenons nous encore le temps de nous laisser aller à la rêverie paresseuse devant le feu de bois de l’âtre, devant une fenêtre ouverte vers n’importe quel paysage ? Question de temps vous allez me dire, question de quiétude personnelle, question d’équilibre social…Bien sûr, tout cela est vrai.
    Qui peut se permettre ce luxe ? Le retraité qui a tout son temps, les nantis n’ayant aucun souci vital, les artistes adeptes du rêve ?? Oui, oui, je réponds oui !
    Mais…
    Allez souvenez-vous de votre longue présence sur les bancs de l’école et faites remonter à votre mémoire ces non moins longs moments le nez dans les étoiles de la vieille fenêtre de la classe. Allez souvenez-vous de votre visage d’adolescent collé à la vitre arrière de la voiture de vos parents et le regard perdu dans le défilé des arbres de bord de route ! Allez souvenez-vous de votre tête bloquée, d’un coup, sur la lucarne de votre bureau, atelier que sais-je encore, et cette collègue qui vous brutalise par un « alors on est dans la lune » !!!
    Eh bien oui, la rêverie est cette liberté de l’esprit qui échappe parfois à notre conscience si rationnelle ; la rêverie est cette respiration libertaire si secrète qu’elle en devient indicible. Qui a répondu clairement à « à quoi pensais-tu » ? Nous répondons invariablement « à rien »…
    Bachelard nous dit que « Les grandes passions se préparent en de grandes rêveries ». Alors, ne culpabilisons plus de nous laisser aller à cette fonction vitale. Mais le diable n’est-il pas dans ces rythmes imposés ou que nous nous imposons indépendamment de tout souci personnels, professionnels, sociaux qui sont des obstacles rédhibitoires à la rêverie.
    Qui tue le droit au rêve de jour ? Qu’on enquête sur les coupables…Nous avons quelques pistes naturellement et en premier le fait que nous ne nous autorisons plus à ne…rien faire ! Notre esprit ou nos mains sont toujours occupés par quelque chose qui brise notre élan naturel à la rêverie. Cherchez, vous trouverez facilement les responsables…Comme beaucoup d’autres avant moi, je revendique le droit à la paresse.
    Ce matin, je mets donc mon nez à ma fenêtre et prétextant voir arriver l’automne, je m’évade…
    « Tu penseras à fermer la fenêtre » !!! Voilà ma douce rêverie est terminée, tuée, assassinée…Rhhhh !
    Rêverie.
    Oh ! Laissez-moi ! C’est l’heure où l’horizon qui fume
    Cache un front inégal sous un cercle de brume,
    L’heure où l’astre géant rougit et disparaît.
    Le grand bois jaunissant dore seul la colline.
    On dirait qu’en ces jours où l’automne décline,
    Le soleil et la pluie ont rouillé la forêt.
    Oh ! Qui fera surgir soudain, qui fera naître,
    Là-bas, — tandis que seul je rêve à la fenêtre,
    Et que l’ombre s’amasse au fond du corridor, —
    Quelque ville mauresque, éclatante, inouïe,
    Qui, comme la fusée en gerbe épanouie,
    Déchire ce brouillard avec ses flèches d’or !
    Qu’elle vienne inspirer, ranimer, ô génies,
    Mes chansons, comme un ciel d’automne rembrunies,
    Et jeter dans mes yeux son magique reflet,
    Et longtemps, s’éteignant en rumeurs étouffées,
    Avec les mille tours de ses palais de fées,
    Brumeuse, denteler l’horizon violet !
    Victor Hugo
  • DIOGÈNE LE CYNIQUE  

    Non, la philosophie n’est pas toujours inaccessible ! Non les philosophes ne sont pas toujours d’austères personnages ! Cette discipline nous réserve parfois de sacrés énergumènes ! Diogène le cynique en est un.

    Trop souvent réduit à une image, celle le montrant nu dans son tonneau. Beaucoup d’entre nous ignorent encore qu’il est porteur d’une vraie philosophie de la vie sans n’avoir jamais écrit une seule ligne. Tout dans l’oral et dans la retranscription a posteriori par d’autres philosophes de l’époque.

    Personnellement j’ai beaucoup de respect pour cette philosophie orale, vraie, vécue et appliquée jusqu’au bout des convictions. La philosophie doit etre appliquée sinon elle risque de n’etre qu’une discipline universitaire… !

    J’ai donc l’envie et le plaisir de rendre hommage à ce révolutionnaire, à ce rebelle, à ce pourfendeur de clichés et d’idées reçues,  à cet original illuminé comme nous pourrions dire aujourd’hui. Je n’ai pris dans « son œuvre » que deux principes dans un esprit un peu provocateur en lien avec les excès de notre époque. Peut etre juste pour remettre certaines idées en place…et « provoquer » la réflexion !

    Moi, j’adore ce mec…

     

     
     
     

     

     
    Texte non modifié et tiré de http://www.apophtegme.com/PHILOSOPHIE/diogene.htmque je remercie magnifiquement
     
    PHILOSOPHE GREC
    (Sinope v. 404 av. J.-C.  Décédé à Corinthe  v. 323)
    (D’autres sources disent : 413-327)
     
    LE SOUVERAIN BIEN
    La vertu, selon Diogène, est le souverain bien.
    «La science, les honneurs, les richesses sont de fausses richesses qu’il faut mépriser.»
    «Les savants étudient le soleil, la lune et les étoiles sans s’interroger sur ce qu’ils ont sous leurs pieds.»
    Dénonçant partout et toujours les conventions sociales et leur opposant la nature, le principe de sa philosophie était :
    «L'homme doit vivre sobrement, s'affranchir du désir, réduire ses besoins au strict minimum.»
    Sa philosophie comme sa vie ne nous sont connues qu’à travers les anecdotes rapportées par ses contemporains.
    On prétend que Praxitèle le prit un jour pour modèle car il était seul à pouvoir rester debout, sans bouger, durant des heures.
    Voyant l’admirable sculpture qu’il avait inspirée, Diogène se moqua de l’artiste disant qu’il avait fait de lui une Femme !
    MÉPRIS DU LUXE ET DU CONFORT
    Pieds nus, été comme hiver, vêtu de haillons, portant à l’épaule sa besace contenant toutes ses richesses, mangeant n’importe quoi, à n’importe quelle heure, en n’importe quel lieu, il dormait n’importe où, mais de préférence dans sa fameuse jarre à grain.
    «Ce qui t’est indispensable coûte peu, c’est le superflu qui vaut la peau des fesses !» disait-il à qui se plaignait de manquer d’argent.
    Diogène Laërce dit que Diogène le cynique «s’étonnait de voir les orateurs mettre tout leur zèle à parler de la justice, mais ne point la pratiquer, et encore les philosophes blâmer l’argent, mais le chérir par-dessus tout. Il condamnait aussi les gens qui louent les justes de ce qu’ils sont au-dessus des richesses, mais qui envient les gens fortunés.
    II était hors de lui quand des gens sacrifiaient aux dieux pour leur santé et, au cours même du sacrifice, bâfraient au détriment de cette même santé. Il admirait en revanche les esclaves qui, bien qu’ils vissent leurs maîtres gâcher de la nourriture, ne volaient rien de ce que ceux-ci laissaient perdre. Il louait les gens qui, sur le point de se marier, ne se mariaient point; qui, sur le point d’entreprendre un voyage, y renonçaient; qui, sur le point de s’occuper de politique, s’en détournaient; ou procréer des enfants n’en faisaient pas; il louait également ceux qui s’apprêtaient à vivre dans la compagnie des princes et qui ne s’en approchaient point.»
    Diogène endurcissait son caractère en se vautrant au cœur de l’été dans le sable brûlant des plages, en se roulant dans des taillis de ronces ou des champs d’orties. En hiver, il se frictionnait le corps avec des glaçons et enlaçait les statues de marbre recouvertes de neige.
    «La richesse c’est la vomissure de la fortune», proclamait-il à qui voulait l’entendre.
    Pourtant les riches aimaient bien étaler leurs richesses devant Diogène espérant surprendre une lueur d’envie dans son regard de gueux.
    Un jour, un parvenu lui faisant visiter sa maison luxueuse, aux sols revêtus d’un marbre étincelant de blancheur, lui recommanda de ne pas cracher par terre. La visite achevée, le philosophe lui cracha au visage, s’excusant en précisant que c’était le seul endroit sale de sa magnifique demeure !
     
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  • L’écrin de mes jours…

    Quel plus beau cadeau que celui de mes jours de vie !
    Toi, l’ami, le collègue, le voisin, je t’offre mes jours. Non, tiens, je t’offre celui-ci, aujourd’hui. Ces milliers de minutes qui permettent cette majuscule symphonie en cellule-majeur, qui tissent la toile de mes pensées et qui zygomatisent mon sourire, je te les offre.
    Pas n’importe comment, bien sur ! Dans un écrin de respect, de tolérance et de bienveillance. Ne pense pas, l’ami, que c’est une bagatelle, une parole dans le souffle d’Eole ou encore un sursaut d’aménité, non ! C’est un don philanthrope parce que je te veux heureux, au moins maintenant. Plaisir intense identique à celui que tu as ressenti quand ton enfant t’a récité son premier poème. Celui qui a mouillé tes yeux.
    Mais que vas-tu en faire, l’ami ? Regarde ce cadeau attentivement, prends le dans ta main, fais en le tour de ton regard. Ne le pose que quand tu en auras mesuré l’importance et quand tu auras perçu la générosité.
    Et si tu refermes son écrin, sache qu’à toute nouvelle ouverture, un autre de mes jours te reviendra. Fais en bon usage et si le cadeau te plait, n’hésite pas à ton tour, à offrir un des tiens. Seulement, il te faudra bien choisir l’écrin.
    Pour le plaisir.
    « Les sentiers battus n’offrent guère de richesse ; les autres en sont pleins. » Jean Giono.