DIOGÈNE LE CYNIQUE
Non, la philosophie n’est pas toujours inaccessible ! Non les philosophes ne sont pas toujours d’austères personnages ! Cette discipline nous réserve parfois de sacrés énergumènes ! Diogène le cynique en est un.
Trop souvent réduit à une image, celle le montrant nu dans son tonneau. Beaucoup d’entre nous ignorent encore qu’il est porteur d’une vraie philosophie de la vie sans n’avoir jamais écrit une seule ligne. Tout dans l’oral et dans la retranscription a posteriori par d’autres philosophes de l’époque.
Personnellement j’ai beaucoup de respect pour cette philosophie orale, vraie, vécue et appliquée jusqu’au bout des convictions. La philosophie doit etre appliquée sinon elle risque de n’etre qu’une discipline universitaire… !
J’ai donc l’envie et le plaisir de rendre hommage à ce révolutionnaire, à ce rebelle, à ce pourfendeur de clichés et d’idées reçues, à cet original illuminé comme nous pourrions dire aujourd’hui. Je n’ai pris dans « son œuvre » que deux principes dans un esprit un peu provocateur en lien avec les excès de notre époque. Peut etre juste pour remettre certaines idées en place…et « provoquer » la réflexion !
Moi, j’adore ce mec…
PHILOSOPHE GREC
(Sinope v. 404 av. J.-C. Décédé à Corinthe v. 323)
(D’autres sources disent : 413-327)
LE SOUVERAIN BIEN
La vertu, selon Diogène, est le souverain bien.
«La science, les honneurs, les richesses sont de fausses richesses qu’il faut mépriser.»
«Les savants étudient le soleil, la lune et les étoiles sans s’interroger sur ce qu’ils ont sous leurs pieds.»
Dénonçant partout et toujours les conventions sociales et leur opposant la nature, le principe de sa philosophie était :
«L'homme doit vivre sobrement, s'affranchir du désir, réduire ses besoins au strict minimum.»
Sa philosophie comme sa vie ne nous sont connues qu’à travers les anecdotes rapportées par ses contemporains.
On prétend que Praxitèle le prit un jour pour modèle car il était seul à pouvoir rester debout, sans bouger, durant des heures.
Voyant l’admirable sculpture qu’il avait inspirée, Diogène se moqua de l’artiste disant qu’il avait fait de lui une Femme !
MÉPRIS DU LUXE ET DU CONFORT
Pieds nus, été comme hiver, vêtu de haillons, portant à l’épaule sa besace contenant toutes ses richesses, mangeant n’importe quoi, à n’importe quelle heure, en n’importe quel lieu, il dormait n’importe où, mais de préférence dans sa fameuse jarre à grain.
«Ce qui t’est indispensable coûte peu, c’est le superflu qui vaut la peau des fesses !» disait-il à qui se plaignait de manquer d’argent.
Diogène Laërce dit que Diogène le cynique «s’étonnait de voir les orateurs mettre tout leur zèle à parler de la justice, mais ne point la pratiquer, et encore les philosophes blâmer l’argent, mais le chérir par-dessus tout. Il condamnait aussi les gens qui louent les justes de ce qu’ils sont au-dessus des richesses, mais qui envient les gens fortunés.
II était hors de lui quand des gens sacrifiaient aux dieux pour leur santé et, au cours même du sacrifice, bâfraient au détriment de cette même santé. Il admirait en revanche les esclaves qui, bien qu’ils vissent leurs maîtres gâcher de la nourriture, ne volaient rien de ce que ceux-ci laissaient perdre. Il louait les gens qui, sur le point de se marier, ne se mariaient point; qui, sur le point d’entreprendre un voyage, y renonçaient; qui, sur le point de s’occuper de politique, s’en détournaient; ou procréer des enfants n’en faisaient pas; il louait également ceux qui s’apprêtaient à vivre dans la compagnie des princes et qui ne s’en approchaient point.»
Diogène endurcissait son caractère en se vautrant au cœur de l’été dans le sable brûlant des plages, en se roulant dans des taillis de ronces ou des champs d’orties. En hiver, il se frictionnait le corps avec des glaçons et enlaçait les statues de marbre recouvertes de neige.
«La richesse c’est la vomissure de la fortune», proclamait-il à qui voulait l’entendre.
Pourtant les riches aimaient bien étaler leurs richesses devant Diogène espérant surprendre une lueur d’envie dans son regard de gueux.
Un jour, un parvenu lui faisant visiter sa maison luxueuse, aux sols revêtus d’un marbre étincelant de blancheur, lui recommanda de ne pas cracher par terre. La visite achevée, le philosophe lui cracha au visage, s’excusant en précisant que c’était le seul endroit sale de sa magnifique demeure !
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